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LES DROITS DE LA FEMME EN ISLAM

 

 

table des matières

prologue 1
préface 15
le problème des relations familiales 15
devrions-nous imiter l'occident ou être indépendants ? 16
la contrainte de l'histoire 16

l'independance sociale de la femme 19
le mariage avant la naissance 20
l'échange de filles 21
le mouvement islamique de libération des femmes 22
la permission des parents 23
l'homme soumis à la volupté, la femme prisonnière de l'amour 25

l'islam et la vie moderne 29

l'islam et les exigences de l'époque moderne 30
objections 32
avec quoi le temps est-il lui-même compatible ? 33
adaptation ou abrogation ? 35
l'islam et la vie moderne (ii) 38
les esprits rigides et les ignorants 40
une parabole du coran 42
l'islam et la modernité (iii) 46
    1 - la nature du changement 46
    2 - le secret de la flexibilité des lois islamiques 47
l'insistance sur le fond et l'indifférence à la forme 48
des lois fixes pour des besoins immuables, et des lois variables pour des besoins changeants 49
la question du changement de l'alphabet 52
ce qui est interdit, ce n'est pas le port d'un chapeau, mais la dépendance des autres 53
ce qui est important et ce qui est plus important 54
les lois qui ont le droit de veto 54
les compétences du gouvernant 55
le principe de l'ijtihâd 55

la position de la femme dans le coran 57

la philosophie spécifique de l'islam concernant les droits de la famille 57
egalité ou similarité 59
la position de la femme dans la vision islamique 61
ressemblance, non ; égalité, oui 67
la déclaration des droits de l'homme est une philosophie et non une loi 72
la philosophie ne peut pas être prouvée par des sondages 74
un coup d'oeil sur l'historique des droits de la femme en europe 75
la dignité de l'homme et les droits de l'homme 78
remarques importantes sur le préambule de la déclaration des droits de l'homme 79
la position et le respect de l'homme 80
la philosophie occidentale dévalorise l'homme 81

les fondements naturels des droits familiaux 87

les relations entre les droits naturels et les buts de la nature 88
les droits sociaux 89
les droits familiaux 91
les fondements naturels des droits familiaux (ii) 92
la vie familiale est-elle naturelle ou contractuelle ? 93
la théorie des quatre étapes 94
la femme dans sa nature 97

les differences entre l'homme et la femme 101

s'agit-il de rapport de complémentarité ou de perfection et d'imperfection ? 102
la théorie de platon 103
aristote et platon 105
l'opinion du monde moderne 105
deux sortes physiques différentes 106
deux psychologies différentes 107
les sentiments réciproques de l'homme et de la femme 108
les différences entre l'homme et la femme (ii) 108
la pièce maîtresse de la création 110
une relation plus sublime que le désir 111
la différence dans les sentiments réciproques de l'homme et de la femme 112
un mouvement hâtif 115
la théorie de will durant 115

la dot et l'entretien 121

un bref historique de la dot 122
la dot dans le système islamique de droits 124
un coup d'oeil sur l'histoire 125
la vraie philosophie de la dot (ou le cadeau de mariage) 126
la dot dans le coran 129
la qualité des sentiments parmi les animaux 130
les cadeaux dans les relations illicites 130
l'amour est plus naturel que le mariage chez les européens 130
la dot et la pension (ii) 131
les coutumes pré-islamiques abolies par l'islam 131
l'islam a son propre système de dot 134
des critiques 136
la dot et l'entretien (iii) 141
la mise en quarantaine de la femme européenne jusqu'à la seconde moitié du xixe siècle 143
pourquoi l'europe a-t-elle accordé subitement l'indépendance économique à la femme 143
le coran et l'indépendance économique de la femme 145
comparaison 145
des critiques et leur réponse 146
trois sortes d'entretiens 147
la femme moderne ne veut-elle pas de dot et d'entretien ? 148
sauvegarder les intérêts économiques de la femme 148
pourquoi décrier tant l'entretien de l'épouse ? 152
l'etat remplace le mari 154
la déclaration universelle des droits de l'homme a-t-elle humilié la femme ? 157

l'heritage 161

pourquoi la femme était-elle privée d'héritage ? 161
l'héritage du fils adoptif 163
l'héritage d'un allié 163
la femme, une partie de l'héritage 164
l'héritage de la femme en iran, à l'époque sassanide 164
l'héritage de la femme en islam 165
l'objection des "occidentalisants" 166
l'objection des hérétiques à la loi de l'héritage pendant les premiers temps de l'islam 167

le divorce 169

l'augmentation du nombre des divorces dans la vie moderne 169
l'environnement américain est propice au divorce 172
cinq théories 173
le divorce (ii) 176
les divorces ignobles 178
une rumeur sans fondement 181
pourquoi l'islam n'a-t-il pas prohibé le divorce ? 184
le droit au divorce (iii) 185
les lois naturelles concernant le mariage et le divorce 186
la position naturelle de l'homme dans la vie familiale 188
les opinions d'une femme psychologue 189
une structure fondée sur les sentiments 191
ce qui consolide la structure familiale est quelque chose de plus que l'égalité 193
l'égalité dans la corruption 193
le divorce (iv) 194
la nature de la paix familiale est différente de celle des autres sortes de paix 197
    1 - l'islam favorise tout facteur aidant à éviter le divorce 198
    2 - les services antérieurs rendus par l'épouse à la maison familiale 203
le droit au divorce (v) 206
le droit de l'homme au divorce émane de son rôle spécial et non d'un quelconque droit de propriété 207
le divorce est une libération dans un certain sens 208
la peine prévue pour le divorce 209
la délégation du droit de divorce à la femme 209
le divorce juridique 210
certains cas de mariage sont-ils incurables comme le cancer ? 211
les impasses 213
le dilemne du divorce 214
l'opinion de l'ayatollah al-hillî 215
l'opinion de cheikh al-tûcî 219

le mariage a duree determinee 221

la vie moderne et le mariage à durée déterminée 224
les adolescents et la crise sexuelle 225
que choisir : une vie monacale temporaire, un communisme sexuel ou un mariage à durée déterminée ? 225
le mariage d'essai 226
russel et sa théorie de mariage à durée déterminée 227
le mariage à durée déterminée (ii) 228
l'historique des croyances 229
des objections 230
le mariage à durée déterminée et le harem 235
les causes sociales de la formation du harem 236
le mariage à durée déterminée a-t-il été institué pour faciliter la licence ? 238
le harem et le monde moderne 239
le calife a interdit le mariage à durée déterminée 240

la polygamie 245

le communisme sexuel 245
l'opinion de platon 246
la polyandrie 246
les défauts de la polyandrie 248
la polygamie (ii) 249
l'islam et la polygamie 249
les causes historiques de la polygamie (i) 254
les causes de l'échec de la polyandrie 257
l'échec du collectivisme sexuel 258
les causes historiques de la polygamie (ii) 262
les facteurs géographiques 263
la polygamie en occident 265
les menstrues 267
les limites de la période de la fécondité chez les femmes 268
les facteurs économiques 269
le facteur de nombre et de tribu 269
la supériorité numérique des femmes 270
récapitulation 271
le droit de la femme à la polygamie 272
pourquoi y a-t-il plus de femmes que d'hommes en âge de se marier ? 277
la femme résiste mieux que l'homme aux maladies 278
la polygamie est un droit de la femme 280
la théorie de russel 281
la polygamie prohibée, l'homosexualité autorisée 283
l'homme est-il polygame par nature ? 284
la polygamie, un facteur de maintien de la monogamie 287
les finasseries de l'homme moderne 289
la crise résultant de l'existence de femmes sans maris 291
les diverses réactions au nombre excédentaire des femmes 292
les inconvénients et les défauts de la polygamie 294
la méthode correcte de recherche 295
sous un angle psychologique 296
sous l'angle du comportement et de l'éducation 298
sous l'angle moral 299
sous l'angle légal 302
sous l'angle philosophique 304
la théorie de la polygamie en islam 306
la limitation 306
la justice et le traitement égal 306
la crainte de ne pas être juste 310
les harems 311
d'autres conditions 312
l'homme moderne et la polygamie 313
table des matières 315

prologue 

  les exigences de notre époque nous incitent impérativement à repenser beaucoup de questions vitales, et à ne pas nous contenter de leur appréciation antérieure. le système des droits et des devoirs conjugaux est l'une de ces questions.

pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons plus loin, on a présumé que la question fondamentale dans ce domaine est celle de la liberté de la femme et de l'égalité de ses droits avec ceux de l'homme, et que les autres questions sont subordonnées à cette question fondamentale.

toutefois, à notre avis, la question la plus fondamentale ou tout au moins, l'une des questions les plus fondamentales relatives aux droits familiaux est de savoir si le système domestique est indépendant de tous les autres systèmes sociaux et qu'il a ses propres critères et logiques spécifiques, ou s'il est tout simplement l'un des nombreux systèmes sociaux sur lequel s'appliquent les mêmes critères et philosophie qui régissent les autres.

la raison de cette interrogation est que, d'une part, dans ce système, les principales parties concernées appartiennent à deux sexes opposés, et, d'autre part, il implique la procréation et la succession des parents et des enfants. la nature a façonné d'une façon différente les organes de reproduction des deux parties.

la société domestique est semi-naturelle et semi-contractuelle. elle est dans une position intermédiaire entre la société instinctive -telles celles des abeilles et des fourmis dont les droits et les devoirs sont prédéterminés par la nature et sans aucune possibilité de sortir des règles- et la société contractuelle, telle la société civile des êtres humains, laquelle a un aspect naturel ou instinctif.

comme on le sait, les anciens philosophes considéraient la philosophie de la vie familiale comme une branche indépendante de la "sagesse pratique" et croyaient à l'existence d'une logique et d'un critère spécifique à cet aspect de la vie humaine. ainsi, platon, dans "la république", et aristote, dans "la politique", et avicenne, dans "al-chifâ'" avaient regardé ce sujet sous cet angle.

en ce qui concerne les droits de la femme dans la société, il y a là encore une controverse et une interrogation sur le point de savoir si les droits naturels et humains de la femme et de l'homme sont identiques ou différents, ou en d'autres termes si les droits accordés par la nature aux êtres humains sont mono-sexuels ou bi-sexuels, et si la sexualité masculine ou féminine affecte ou non, d'une manière ou d'une autre, les droits et les obligations humains.

dans le monde occidental, un mouvement des droits de l'homme émergea au 17e siècle, accompagnant l'essor des mouvements philosophiques et scientifiques. les écrivains et les penseurs du 17e et du 18e siècles firent des efforts louables pour mettre en circulation leurs idées sur les droits inaliénables de l'homme. jean-jacques rousseau, voltaire et montesquieu, qui appartenaient à cette catégorie d'écrivains et de penseurs, sont de grands bienfaiteurs de la société humaine, et on peut dire que les services qu'ils ont rendus à l'humanité ne sont nullement inférieurs à ceux des grands inventeurs et découvreurs.

leur idée fondamentale consistait à dire que l'homme a une série de droits et de libertés naturels et innés qui sont absolument inaliénables et intransférables et auxquels on ne peut renoncer. tous les hommes, qu'ils soient gouvernants ou gouvernés, noirs ou blancs, riches ou pauvres, sont égaux.

le résultat de ce mouvement social et intellectuel se manifesta d'abord en angleterre, ensuite aux etats-unis et enfin en france. des révolutions écla-tèrent, des systèmes furent changés et des chartes signées. peu à peu le mouvement pénétra dans d'autres pays.

au 19e siècle, de nouvelles idées économiques, sociales et politiques émergèrent dans le domaine des droits de l'homme. de nouveaux développements conduisirent à l'apparition du socialisme, à la participation des travailleurs aux profits industriels et au transfert du gouvernement des mains des capitalistes vers les dirigeants travaillistes.

jusqu'à la fin du 19e siècle, toutes les discussions engagées et toutes les mesures prises avaient trait aux droits des employés sur les employeurs. au 20e siècle, la question des droits de la femme fut soulevée, et, pour la première fois en 1948, la déclaration universelle des droits de l'homme des nations unies proclama l'égalité des droits entre l'homme et la femme.

tous les mouvements sociaux qui surgirent depuis le 17e siècle en occident tournaient autour de la liberté et de l'égalité. et étant donné que le mouvement des droits de la femme était le dernier de la série, et que l'histoire du sort de la femme en europe sur le plan de l'égalité et de la liberté était pleine d'amertume, la déclaration des droits de l'homme des nations unies ne parla que de liberté et d'égalité.

les protagonistes de ce mouvement maintinrent que celui-ci était complémentaire du mouvement des droits de l'homme. ils soutinrent qu'il était insensé de parler de la liberté et des droits de l'homme sans assurer la liberté et l'égalité pour la femme. ils affirmèrent en outre que la principale cause de tous les troubles familiaux tient au fait de la privation de la femme de sa liberté et de l'égalité de ses droits avec l'homme, et qu'une fois qu'on tiendrait compte de cette question, tous les problèmes seraient résolus.

mais ce qui fut oublié dans cette affaire, c'est ce que nous avons considéré comme une question fondamentale concernant le système des droits familiaux, c'est-à-dire la question de savoir si ce système est indépendant ou non des autres systèmes sociaux, et s'il a ou non un critère et une logique différents. l'attention a été concentrée seulement sur les principes généraux de la liberté et de l'égalité, et le seul point pris en considération fut celui des droits humains naturels et indéniables, point à partir duquel on a argué que puisque la femme est un être humain, elle a droit à tous les droits dont jouit l'homme.

or, dans certains chapitres de ce livre, nous traiterons pertinemment de la question de savoir de quelles sources sont dérivés les droits naturels. et là, nous verrons que la base de tous les droits naturels est la nature elle-même. ainsi, si l'homme a des droits spécifiques que ne possèdent pas un cheval, un mouton, un poisson ou un oiseau, cela est dû à sa nature et à la façon dont il a été créé. si tous les êtres humains sont égaux en matière de droits naturels, et qu'ils doivent tous vivre librement, c'est parce que cela fait partie de leur création même. les intellectuels qui défendent l'idée de la liberté et de l'égalité comme un droit inné, n'ont que cet argument à l'appui de leur thèse. par conséquent en matière de droits familiaux aussi, nous devons être guidés par la nature elle-même.

a présent, voyons pourquoi on n'a pas accordé l'attention due à la question que nous avons soulignée comme fondamentale. est-ce parce qu'il aurait été établi, à la lumière de la connaissance scientifique moderne, que la différence entre l'homme et la femme serait simplement organique, et qu'elle n'affecterait pas leurs êtres fondamentaux physiques et spirituels, ni leurs droits et obligations ?

en fait, c'est tout à fait le contraire. en effet il a été établi, à la lumière de la recherche scientifique et des découvertes biologiques et psychologiques, qu'il existe des différences significatives entre les deux sexes. nous allons discuter de cette question dans ce livre et citer les avis des biologistes et des physiologistes à cet égard. il est surprenant que, malgré ce fait, la question fondamentale ait été ignorée. peut-être l'ignorance de cette question vitale est-elle due au développement rapide du mouvement de la libération de la femme. c'est pourquoi, s'il a pu réparer certaines injustices dont la femme faisait l'objet, il a causé d'autres injustices, à elle et à la société humaine. nous allons voir, dans divers chapitres de ce livre, que la femme occidentale était privée jusqu'au début du 20e siècle des droits les plus élémentaires, et que c'est seulement au début de ce siècle que les peuples occidentaux commencèrent à penser à y remédier. et étant donné que le mouvement féminin a fait suite à tous les autres mouvements fondés sur "la liberté" et "l'égalité", on a chargé ces deux mots de la réalisation de tous les miracles, oubliant que l'égalité et la liberté ont trait aux relations entre les êtres humains en tant qu'êtres humains seulement. il ne fait pas de doute que la femme, en tant qu'être humain, est née libre, comme tout autre être humain, et qu'elle a, de ce fait, des droits égaux. mais la femme est un être humain avec certains traits particuliers, tout comme l'homme est un être humain avec certaines autres particularités. les traits de leurs caractères sont différents, et leurs mentalités sont différentes. cette différence n'est le résultat d'aucun facteur géographique, historique ou social, mais réside dans leur création même. la nature les a faits différents à dessein, et toute mesure prise à l'encontre du dessein de la nature aboutirait à des désastres. de même que nous nous sommes inspirés de la nature pour proclamer la liberté et l'égalité pour les êtres humains, de même nous devons nous guider sur la nature pour décider si les droits de l'homme et de la femme sont d'une même sorte ou de deux sortes différentes, et si la société familiale est, ou non, au moins une société semi-naturelle. la question de savoir si la bisexualité des animaux -dont les êtres humains- est un fait du hasard ou si elle fait partie du plan de la création, mérite quand même d'être posée. de même, il est intéressant de savoir si la différence entre les deux sexes est une différence superficielle et corporelle, ou si, comme le dit alexis carel, chacune des cellules de l'être humain porte un signe sexuel. la logique de la nature innée n'est-elle pas que l'homme et la femme portent chacun un message particulier ? les droits sont-ils d'une même sorte, ou de deux sortes différentes ? la morale et l'éducation sont-elles de deux sortes ou d'une seule et même sorte ? la question doit être posée à propos des peines, des responsabilités et des messages.

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