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pour les musulmans, dieu a vraiment donné des révélations avant muhammad. ces révélations ont été écrites dans des livres qui, dans leur version originale, étaient donc des livres venant directement de dieu.
ainsi, les musulmans reconnaissent que la torah du judaïsme a été dictée à moïse, que les psaumes ont été donnés à david et que les évangiles du christianisme sont une authentique révélation.
cependant, la forme originale a, selon eux, été perdue, et les versions dont on dispose actuellement sont des versions déformées des livres sacrés. par exemple, les musulmans croient que jésus avait une mission divine et qu'il est né d'une vierge. il n'est pas pour autant l'incarnation de dieu ni le fils de dieu.
les juifs et les chrétiens seront appelés "peuple du livre" et auront une considération particulière par rapport à tous les adeptes d'autres religions considérés comme des idolâtres.
dieu a donc recommencé la révélation avec muhammad en lui dictant le coran (qur'an).
rédigé en arabe, il comprend 6200 versets réunis en 114 sourates (chapitres). il est considéré comme la parole incréée de dieu, un miracle littéraire qui ne peut être imité. dicté par l'ange gabriel, il constitue l'autorité infaillible en matière de doctrines, de pratiques et de loi en général.
le coran doit donc être vénéré. on doit lui donner une place de choix dans la maison et éviter de le souiller. par exemple, lorsqu'il se trouve parmi d'autres livres, il doit être le premier sur la pile; on ne doit pas le mettre par terre ni à côté d'objets malpropres.
de plus, le mot coran signifie récitation. il est donc considéré comme un acte méritoire de l'apprendre par coeur, de le réciter, de le lire ou de le copier.
parmi les points importants du coran, mentionnons les suivants:
d'autres écrits sont aussi considérés par les musulmans comme des écrits sacrés bien qu'ils ne soient pas la parole de dieu. il en est ainsi des recueils de hadîth, qui sont les paroles du prophète transmises par une suite ininterrompue de bons musulmans connus. il s'agit de textes juridiques dont 6 recueils sont officiels.
beaucoup de ces hadith se retrouvent dans un livre nommé sunna .
la sunna regroupe et raconte en effet tous les actes, les paroles, tous les faits et gestes du prophète érigés, le plus souvent, en articles de loi (les hadith)...(malfray, p. 62)
c'est à cette source que beaucoup de musulmans puisent les normes de conduite.
il existe pourtant deux autres sources de loi tout aussi importantes: l'unanimité des docteurs de la loi (ijma) et la jurisprudence (ijtihad).
plusieurs sources peuvent se contredire. il faut donc se demander de quelle manière un musulman se retrouve dans tout ça et comment se fait l'interprétation de la volonté réelle de dieu. c'est ce que arnaldez nomme le problème de la concordance des textes.
une méthode pour retrouver la cohérence de la loi... distingue plusieurs cas. dans le premier, un texte a une signification plus restreinte que l'autre. la solution est alors très simple: on excepte ce qui a la portée la plus étendue de ce qui a la portée la plus vaste. quand une interdiction se heurte à une permission ou vice cersa, si l'interdiction est plus étendue, on en excepte la permission, et inversement. c'est la solution par l'exception. le second cas est celui où l'un des deux textes rend obligatoire ou interdit une partie de ce que l'autre rend obligatoire ou interdit. il n'y a pas alors d'opposition. ainsi, l'ordre de payer la zakât pour les animaux qui sont au pâturage, ne préjuge en rien de la règle qui concerne les autres qui sont nourris à l'étable. aussi quand un précepte identique rend la zakât obligatoire pour l'ensemble du bétail, ces deux préceptes s'ordonnent immédiatement comme le particulier au général. le troisième cas est le plus compliqué: un texte apporte un ordre déterminé; un autre apporte une défense déterminée; et une partie de chacun peut être exceptée de l'autre. par exemple, selon un hadîth, il n'est pas permis à une femme croyante de voyager si elle n'est pas accompagnée de son mari ou d'un parent à un degré prohibé (qu'elle ne peut épouser). mais le coran enseigne que le pèlerinage est obligatoire pour tous ceux qui ont les moyens de le faire. ce verset parle de la généralité des hommes et de l'obligation pour eux de faire un voyage en un lieu particulier. le hadîth parle d'une partie du genre humain, les femmes, et leur interdit les voyages en général. il y a deux solutions possibles: ou bien excepter les femmes sans maris et sans proches de la généralité des hommes et les dispenser de l'obligation du pèlerinage, ou bien excepter des voyages en général le voyage du pèlerinage à la mecque, et les femmes sans mari et sans proches parents seront autorisées à l'entreprendre. on ne peut choisir si on ne trouve pas un autre texte qui, dans sa généralité, emporte le choix. on le trouve, en l'occurence, dans cette parole du prophète: «n'interdisez pas les mosquées aux servantes de dieu». dans le quatrième cas, un texte permet ce que l'autre interdit sans exception. il n'y a pas d'accord possible. on fait alors usage de l'abrogation. il faut savoir avec certitude que l'un des textes est abrogeant et l'autre abrogé. si on peut les dater, le plus récent est l'abrogeant. sinon, on considère que celui qui exige davantage ou qui interdit davantage est l'abrogeant. l'abrogation est l'objet de désaccords... (arnaldez, pp.40-41)
pour les musulmans, le monde va finir un jour. cela se produira lorsque l'humanité aura atteint le plus haut niveau de dégradation, d'immoralité et d'idolâtrie. précédés par des événements funestes et effrayants, quand il n'y aura plus personne pour adorer dieu et que le monde sera au plus bas, alors israfil sonnera de la trompette et la terre explosera littéralement.
c'est alors que dieu ressuscitera les humains et qu'il procèdera à la pesée des actions. ceux qui auront été droits auront le ciel en récompense. les autres encourront le châtiment du feu de l'enfer.
il est toutefois important de mentionner ici que, pour les croyants, l'enfer ne sera pas éternel et qu'une fois purgé leur peine, ils accéderont au ciel. cependant, ceux qui n'auront pas voulu reconnaître l'unité divine y demeureront pour l'éternité.
il convient ici de décrire un peu la conception du ciel musulman. il s'agit d'un lieu où dieu accorde pour toujours toutes les joies possibles.
quant au paradis des fidèles, les descriptions les plus idylliques abondent à son sujet, car là est la récompense surpême du contrat temporel qu'allah a passé avec le croyant, humble et soumis: au paradis, plus de privations: le vin coule à flots, le miel est doux, les fleurs sont écarlates, la musique est sublime et les femmes sont belles: une sorte d'oasis dans le désert, telle que peut la décrire notre imagination poétique. les élus pourront jouir éternellement de tous leurs sens, sans la moindre retenue. toutes les descriptions ne sont d'ailleurs que métaphores, le paradis étant, lui-même, inexprimable. (malfray, p.79)
branche la plus nombreuse de l’islam. ce sont les musulmans orthodoxes. ils appliquent le coran et la sunna et admettent l’histoire telle qu’elle s’est déroulée après la mort du prophète. les sunnites ont toujours dirigé l’islam «dans la voie droite»: ils sont les garants de sa légitimité. il y a plus de six cents millions de sunnites dans le monde. (malfray, l’islam)
chez les sunnites, on retrouve quatre écoles de pensées différentes. pourtant à travers ces écoles, il n'y a pas de différence dans les doctrines. les quelques différences portent sur l'interprétation des lois. pour chacune de ces écoles, il n'y a pas de clergé ou de hiérarchie.
les kharidjites sont des descendants de ceux qui refusèrent l'arbitrage de la bataille de siffîn. ce sont des extrémistes purs, souvent terroristes et considérés comme dangereux.
le chiisme est, après le sunnisme, la branche la plus importante de l'islam. malfray en parle ainsi:
représentant environ le cinquième de la communauté musulmane dans le monde, les chiites constituent l’une des deux grandes familles de pensée islamiques. au départ, les partisans d’ali, rejetant l’autorité des autres califes, ont fondé leur mouvement, qui repose sur l’imamat, c’est-à-dire la toute puissance de l’imam, infaillible et impeccable, à qui l’on doit obéissance et dévotion. les chiites se divisent en duodécimains (que l’on appelle aussi les imâmites), qui reconnaissent l’existence de onze imams après ali le douzième, qui a disparu, est l’«imam caché», le messie qui reviendra à la fin des temps faire régner la justice et la paix; et en ismaéliens (ou septimains) qui s’arrêtent au septième imam, ismaël, qu’ils tiennent pour leur «imam caché». les chiites pratiquent la religion musulmane avec beaucoup de rigueur et d’intransigeance; ils sont géographiquement situés essentiellement en iran, en irak et dans le sud liban. (malfray, l’islam)
ainsi, les chiites ne reconnaissent même pas les trois premiers califes, prétendant qu'ali devait nécessairement être successeur du prophète.
alors que chez les sunnites, il n'y a ni hiérarchie ni clergé, les chiites donnent une place de choix à des chefs religieux qu'on considère désignés par dieu et investis de la science divine et de la connaissance. les imâm sont donc obéis et respectés, considérés infaillibles et tout-puissants.
soulignons enfin qu'en iran, ces chefs religieux portent le nom persan d'ayatollah.
peu connu en occident et peu nombreux dans l'islam, le souffisme est un mouvement mystique mettant l'accent sur l'ascèse et la méditation. les adeptes de ce mouvement sont appelés «pauvres» et ont la réputation de connaître des choses que la plupart des gens ignorent. le mot pauvre en arabe se dit «faqir» et c'est à travers certaines étrangetés comme les charmeurs de serpents ou les matelas de clous que l'on a connu ce mouvement en occident. la profondeur de leur pensée dépasse évidemment ces curiosités touristiques.
nous ne répéterons pas ici ce que nous avons déjà vu sur les sunnites et les chiites. rappelons cependant que l'islam n'est pas une réalité monolithique et que bien des tendances existent.
c'est un fait cependant que pour la majorité des musulmans, l'islam n'est pas structuré en hiérarchie... mais ce n'est que parce que la majorité est sunnite.
les plus connues et les plus importantes pratiques musulmanes sont résumées dans ce que l'on nomme les cinq piliers de l'islam. ce sont là les pratiques essentielles et, «en principe», tout bon musulman devrait s'y conformer.
la profession de foi est très simple:
la ilaha illallah muhammad rasulullah
il n'y a de dieu qu'allah et muhammad est son prophète.
en principe, il suffit de prononcer ces mots pour devenir musulman.
cette profession de foi implique cependant que l'on rejette les idoles, que l'on s'engage à adorer le vrai dieu, que l'on reconnaît l'autorité des écrits de muhammad et qu'on accepte l'autorité de dieu en s'y soumettant.
cette profession de foi doit être récitée plusieurs fois par jour.
prier en islam, c'est louer dieu et implorer son aide. il y a trois types de prières différentes: les prières quotidiennes, hebdomadaires et annuelles.
les prières quotidiennes doivent être faites cinq fois par jour, n'importe où, seul ou en groupe (en groupe, c'est plus méritoire). là où c'est possible, l'appel à la prière se fait par un muezzin. on doit alors idéalement procéder à la purification de certaines parties du corps avec de l'eau, du sable ou de la terre. elles sont faites en arabe, intégrant plusieurs postures toutes tournées vers la mecque. seuls femmes menstruées, celles qui viennent d'accoucher jusqu'à 40 jours après leur accouchement et les enfants sont exemptés de la prière quotidienne.
les prières hebdomadaires se font en assemblée le vendredi après-midi, à la mosquée. l'assemblée est dirigée par un imam et comprend un sermon et une discussion. à défaut d'imam, n'importe qui peut diriger l'assemblée le temps de la prière.
il y a deux grandes prières annuelles. une première a lieu à la fin du ramadan et l'autre deux mois et neuf jours plus tard.
un mois par année, au mois lunaire du ramadan (qui peut tomber à toutes les saisons), les musulmans jeûnent. durant ce mois, pendant tout le jour et sans pour autant cesser leurs occupations ou leur travail, ils n'absorberont rien pas même de l'eau, s'abstiendront de rapports sexuels, de fumer ou de respirer des parfums. seuls 2 repas seront permis la nuit, la durée de cette nuit étant déterminée soit par la nuit réelle soit par l'heure du 45e parallèle pour ceux qui habitent au nord de celui-ci lorsque la nuit y est plus courte.
un certain nombre de personnes sont exemptées de ce jeûne: il s'agit des enfants, des vieillards, des voyageurs, des malades et des femmes menstruées, enceintes ou qui viennent d'accoucher jusqu'à quarante jours après leur accouchement.
tout musulman doit faire l'aumône. deux sortes d'aumônes existent: une, volontaire (sadaqa) n'est pas quantifiée par la loi; l'autre, obligatoire, consiste à donner deux et demi pourcent de son revenu et dix pourcent des produits de la terre et des bestiaux à toute cause utile de son choix. ainsi, on peut choisir de donner à des membres plus pauvres de la famille comme pour une cause humanitaire ou pour la construction d'une mosquée, d'une école etc.
l'aumône est à la fois l'expression de la solidarité et un moyen de purification. d'ailleurs, le sens premier du mot zakat est «purification». du pasquier (découverte...,p.95) en dit ceci:
on se purifie en donnant de son bien et cela équivaut aussi à un sacrifice qui enlève l'aspect maléfique de ce qui est trop quantitatif dans les possessions terrestres de l'homme, les faisant participer au sacré éminemment qualitatif que l'islam confère à toute la vie.
le pèlerinage est obligatoire pour tout musulman qui en a les moyens une fois dans sa vie. il se fait à la mecque le dernier mois de l'année et est interdit aux non musulmans. on considère ce pèlerinage comme une activité très méritoire et plus il y a de souffrances en chemin, plus cela devient méritoire.
une fois arrivé à la mecque, une série d'activités rituelles sont accomplies. beaucoup de ces activités tournent autour de la kaaba et du chiffre sept. la kaaba est le symbole de la maison de dieu et centre du monde (le pèlerinage, c'est se rapprocher de dieu) et symbole de l'unité de l'islam (en approchant la kaaba, il n'y a plus qu'un seul peuple). le chiffre sept est le chiffre de la perfection.
parmi ces activités rituelles, grégoire (p. 46) mentionne les suivantes:
grégoire complète cette description du pèlerinage par un texte éloquent sur le retour des pèlerins (p. 47)
le retour des pèlerins est un événement important. ils ont connu l'expérience suprême de leur vie, une rencontre intense de foi et de communication humaine, ce qui leur donne un grand prestige et leur confère un statut spécial dans la société. ils seront des sages qu'on pourra consulter.
le terme jihad a souvent été mal compris en occident qui assimilait ce terme à certaines tueries.
le mot jihad singifie «lutte contre». certains vont le traduire par effort collectif.
contrairement à ce que certains en pensent, le jihad n'est pas un sixième pilier de l'islam. les piliers en effet sont des prescriptions individuelles et s'appliquent à tous les fidèles individuellement. le jihad est une prescription communautaire. ainsi, il n'est pas nécessaire que tous se préoccupent du jihad pour que la prescription soit remplie. il suffit que certains membres de la communauté islamique s'en préoccupent pour que les autres en soient exemptés.
le jihad est un combat, une lutte pour préserver la religion et la faire progresser. cette lutte n'est pas nécessairement armée et pas nécessairement dirigée vers l'extérieur bien que cela soit possible.
le petit jihad est effectivement dirigé contre des ennemis de l'extérieur. cela, surtout chez les extrémistes peut alors effectivement prendre l'allure d'une véritable guerre sainte où l'on veut même convertir de force ceux qui s'obstinent dans l'idolâtrie. cela peut aussi vouloir dire s'en prendre aux juifs à qui l'on reproche de se croire le peuple élu et de refuser de reconnaître que le message de muhammad confirme celui de la torah ou aux chrétiens à qui l'on reproche de se croire les seuls à être sauvés, d'avoir altéré l'évangile et ajouté certaines idées comme les idées de trinité, d'incarnation et de rédemption.