Home > Bibliothèque > Histoire > Recommandations Et Description De La Vie En Ce Monde
ce qui intéresse les bestiaux c'est leur estomac qui intéresse les fauves c'est d'abattre d'autres animaux. quant aux femmes, elles s'intéressent aux plaisirs de la vie et à la corruption. seuls les croyants s'humilient devant dieu et sont toujours hantés par la crainte du châtiment qu'ils redoutent fort.
celui qui voit avec le cœur, agit à la lumière de la raison, s'assure avant d agir si son action est à son avantage ou à son détriment. si c'est à son avantage il la poursuit, si c'est à son détriment il l'arrête. celui qui agit sans lucidité est comme celui qui marche sans connaître le chemin. plus il s'écarte du droit chemin plus il s'éloigne de son but. alors que celui qui agit avec lucidité est comme qui marcherait sur une voie claire. que chacun se pose la question de savoir s'il avance ou s'il recule.
sache que tout ce qui est apparent possède une face cachée de même importance. si l'apparence est excellente, ce qui est caché est aussi excellent; de même que si elle est viciée la partie invisible l'est également.
le prophète qui est véridique a dit: "allah peut aimer son adorateur et mépriser son action comme il peut aimer l'0euvre et mépriser le corps" ( l'imam se réfère à un hadith du messager "toute chair qui croit par le péché est la première digne du feu").
sache que toute action est comme une plante. or aucune plante ne saurait se passer d'eau; les eaux sont diverses: si elle est arrosée par des eaux saines elle sera bonne et son fruit savoureux, mais si l'eau est impure la plante sera mauvaise et son fruit amer.
en rÉponse À l'un de ses adeptes, hammam, qui le pria de lui decrire les pieux, l'imam dit:
lorsque dieu, gloire à lui, créa ses créatures, il n'avait nul besoin de leur adoration et nulle crainte de leur désobéissance. car la désobéissance de qui que ce soit ne pouvait lui porter préjudice et l'adoration également ne pouvait agrandir son royaume.
i1 distribua entre les hommes leur nourriture et les mit sur terre chacun à sa place.
ceux qui craignent dieu sont ceux qui seront les plus considérés,1eurs dires sont la vérité; ils s'habillent modestement,1eur démarche est paisible; ils retiennent leurs regards de ce que dieu leur a interdit et leur attention est axée sur le savoir utile.
leurs âmes restent stoïques devant l'adversité comme devant le bonheur.
si ce n'était la destinée que dieu leur a prescrite, leurs âmes ne seraient pas restées un instant dans leurs corps, passionnées qu'elles sont de recevoir la récompense tout en craignant le châtiment.
le créateur leur apparaît si grand que tout est petit à leurs yeux. ils se représentent le paradis comme s'ils y étaient en train de jouir de ses biens et se représentent l'enfer comme s'ils y étaient déjà en train d'y subir les tortures.
leurs cœurs inquiets ont conjuré le mal. leurs corps sont minces, leurs besoins modestes et leurs âmes délicates.
ils ont troqué les plaisirs éphémères de la vie terrestre contre le repos éternel; ce qui est un commerce bénéfique que le seigneur leur a proposé.
la vie ici - bas leur a ouvert ses bras, ils ne l'ont pas désirée et s'en sont détournés; elle les a emprisonnés et ils s'en sont affranchis.
la nuit, ils se mettent en rang pour réciter la coran, ils en réconfortent leurs âmes et s'en servent comme remède contre leurs maux.
lorsqu'ils abordent un verset annonciateur du bien, ils y mettent toutes leurs espérances et leurs âmes s'y accrochent avec désir et croient ferme que cela est devant leurs yeux.
par contre lorsqu'ils rencontrent des versets menaçants, ils les écoutent au fond du cœur et ont l'impression d'entendre les bruits de l'enfer et d'en conserver l'écho dans leurs oreilles.
pendant le jour, ils sont compatissants, savants, généreux et pieux.
la crainte de dieu les a habités à tel point qu'on les prendrait pour des malades alors qu'ils ne le sont pas, ou des êtres obsédés par la crainte de dieu.
une idée-force les inspire.
ils ne se contentent plus des petites actions et ne se suffisent point des grandes. ils accusent leurs âmes et mésestiment la valeur de leurs actions.
lorsque l'un d'eux est félicité, il a peur de ce qu'on lui dit. il répond: "je connais mon âme mieux que quiconque et dieu la connaît bien mieux que moi - même. seigneur ne me condamne pas pour ce qu'ils croient et pardonne - moi ce qu'ils ignorent".
ce qui les caractérise est une puissance dans la conviction, une douceur dans la fermeté, une foi inébranlable, un goût prononcé pour le savoir,1e savoir allié à la tolérance,1'esprit économe en temps de prospérité,1'humilité dans l'adoration,1a dignité dans le besoin,1a patience devant l'épreuve le désir de ce qui est licite,1a poursuite des bonnes actions et le mépris de la cupidité. ils accomplissent de bonnes œuvres mais restent inquiets, ils s'occupent le soir à remercier le seigneur et le matin à invoquer son nom. ils s'endorment sur leur garde et se réveillent joyeux. ils sont sur leur garde par crainte d'une défaillance et sont joyeux pour ce qu'ils trouvent comme privilèges et miséricorde. si leur esprit leur refuse ce qu'il déteste, ils ne lui donnent pas ce qu'il désire.
toute leur attention est tournée vers ce qui n'a pas de fin et leur mépris vers ce qui ne dure pas. ils marient la magnanimité avec le savoir et la parole avec l'action. leurs espoirs sont une certitude, leurs erreurs rares,1eurs cœurs humbles,1eurs âmes satisfaites, se contentant de peu pour vivre; leurs problèmes sont simples. ils sont attachés à leur religion, inertes face aux séductions interdites et leur colère n'est jamais manifestée
d'eux le bien est espéré et la mal éloigné.
s'ils sont parmi les insouciants ils sont inscrits comme ceux qui invoquent souvent le nom de dieu et s'ils sont au milieu des invocateurs, ils ne sont point inscrits comme insouciants.
ils pardonnent à qui leur fait tort, ils donnent à ceux qui les ont privés, ils renouent avec ceux qui ont rompu avec eux; il sont éloignés des grossièretés, courtois, incapables de faire du mal, enclins à faire du bien, toujours disponibles pour entamer de bonnes œuvres en tournant le dos aux mauvaises.
ils sont calmes dans les tourmentes, patients devant les épreuves et pleins de gratitude dans le bonheur.
ils n'outrepassent pas le droit envers ceux qu'ils détestent, ni ne comblent de trop ceux qu'ils aiment.
ils reconnaissent la vérité avant que l'on témoigne pour ou contre eux, ne perdent pas ce qui leur est confié, et n'omettent pas les rappels, n'appellent pas les gens par leurs sobriquets, ne portent pas préjudice aux voisins, ne se réjouissent pas du malheur d'autrui, ne se mêlent pas de l'iniquité et s'attachent à la justice.
le silence ne les étouffe pas, s'ils rient leur voix ne s'élève pas, et s'ils sont lésés, ils font preuve de tolérance et confient leur vengeance à dieu.
leurs mauvais penchants sont jugulés et le monde est tranquille auprès d'eux.
ils éprouvent leurs âmes pour l'autre monde et laissent tranquilles les gens en ce monde.
si l'on s'éloigne d'eux, ils s'éloignent également avec renoncement et grandeur d'âme. si l'on se rapproche d'eux, ils sont tout en douceur et bonté.
leur éloignement n'est ni de la prétention ni de l'orgueil et leur rapprochement n'est ni ruse ni embûche.
en la personne du messager de dieu, tu as un exemple édifiant, qui t'éclaire suffisamment sur le mépris qu'il avait pour la vie terrestre et ses vices pour ses malpropretés, ses vanités; il ne possédait que le strict minimum, alors que d'autres vivaient dans la richesse. sevré des plaisirs de la vie, il en a ignoré les fausses grandeurs.
moÏse:tu as également l'exemple de moïse lorsqu'il disait: "seigneur, j'ai grand besoin du bien que tu feras descendre sur moi!".
par allah, il ne lui avait demandé qu'un morceau de pain pour manger, car il ne vivait que d'herbes. on voyait son estomac à travers sa peau à cause de sa maigreur et du relâchement de sa chair.
david:un troisième que tu pourrais prendre comme exemple, c'est david et ses psaumes, le lecteur pour les gens du paradis, qui faisait de ses propres mains des rubans et disait à ceux qui l'entouraient: "qui d'entre vous m'épargnera la peine de les vendre?" i1 vivait de cette vente, ne mangeant que de l'orge.
le christ:tu peux aussi penser au christ, fils de marie.
i1 posait sa tête sur des pierres qui lui servaient d'oreiller; il s'habillait de bure, se nourrissait très modestement, la faim était son compagnon, de nuit sa seule lumière était la lune, son abri en hiver était l'étendue de la terre, et ce qu'elle pouvait lui donner comme refuge; les fruits et les fleurs qu'il cueillait étaient ce que le sol produisait pour les animaux.
i1 n'eut point d'épouse qui l'aurait fasciné, ni d'enfant qui l'aurait attristé, ni de fortune qui l'aurait préoccupé ni d'ambitions qui 1'auraient diminué. sa monture était ses jambes et son serviteur ses propres mains.
il arrivera des temps, après moi, où rien ne sera aussi masqué que la vérité et rien d'aussi triomphant que l'iniquité, où les mensonges sur dieu et son messager seront la chose la plus courante.
aucune marchandise n'aura moins de valeur que le livre lorsqu'il sera cité dans son sens exact, et rien d'aussi cher que lui lorsque son sens sera déformé.
il n'y aura rien d'aussi haïssable que le bien et rien d'aussi pratiqué que le mal.
ceux qui étaient chargés de défendre le livre l'auront abandonné et ceux qui l'avaient appris par cœur l'auront oublié.
le livre et ses partisans seront chassés et exilés, ils seront des compagnons de route qui ne trouveront nul refuge.
ils seront au milieu des gens sans les fréquenter, ils seront avec eux sans faire corps avec eux, car la droiture et l'iniquité ne s'accordent pas, même si elles sont ensemble.
les gens s'accorderont pour la désunion. du livre, ils ne retiendront que le nom et ils n'en sauront que l'écriture et la calligraphie.
ils persécuteront les pieux sous toutes les formes, ils proclameront que leur attachement à dieu est une imposture et ils puniront toute bonne action comme si elle était un péché.
ceux qui vous ont précédés ont été anéantis pour leur relâchement et leur insouciance, lorsque le destin les a frappés et que l'excuse n'était plus valable et que la résipiscence n'était plus acceptée, alors ils eurent pour compagnons la détresse et la vengeance.
o vous les hommes! quiconque demande le bon conseil à dieu sera satisfait, quiconque prend sa divine parole comme guide sera dirigé vers la bonne voie, la meilleure.
quiconque s'appuie sur dieu est en sécurité, qui en est l'ennemi tremble.
i1 est inadmissible que celui qui connaît la grandeur de dieu se fasse grand. sa seule façon d'être grand est de s'humilier devant lui, et ceux qui connaissent sa puissance ne peuvent être en sécurité qu'en se confiant entièrement à lui. ne vous sauvez pas devant ce qui est juste, comme le ferait un homme sain devant un galeux et un homme guéri devant un malade.
vous ne pouvez connaître la bonne direction que lorsque vous connaîtrez ceux qui l'ont quittée, et vous ne vous attacherez au pacte avec le livre que lorsque vous connaîtrez ceux qui l'ont rompu, et vous ne l'appliquerez qu'après avoir connu ceux qui s'en sont séparés.
demandez donc tout cela à ceux qui maîtrisent le livre, ils sont la nourriture du savoir et l'ennemi de l'ignorance. ce sont eux qui vous révéleront leur savoir par leur jugement, leur silence exprimera leurs pensées et leurs apparences révéleront leur fond.
ils n'outrepassent pas les lois religieuses et ne se contredisent pas. le livre est entre eux un témoin véridique et un silencieux éloquent.
o vous les hommes! ce monde - là n'est qu'une transition et la vie future est l'éternité.
profitez de votre passage pour assurer votre éternité.
ne déchirez pas les voiles protecteurs devant celui qui connaît tous vos secrets.
détachez vos cœurs de ce monde, avant que ne s'en détachent vos corps.
en ce monde vous êtes mis à l'épreuve, mais c'est pour l'autre que vous avez été créés.
quand quelqu'un meurt,1es gens disent "qu'a-t-il laissé"? et les anges disent: "qu'a-t-il avancé?"
avant votre mort, faites-vous précéder de quelques œuvres pies qui seront portées à votre crédit dans l'au-delà. ne négligez pas toutes vos obligations ici-bas car ce sont des dettes dont vous vous acquitterez dans l'autre monde.
o vous les hommes! vous n'êtes en ce monde qu'un élément que ballotte la mort, chaque gorgée peut vous étouffer, chaque bouchée vous être fatale.
vous n'y récolterez un bien qu'en abandonnant un autre. vous ne pouvez vivre un jour qu'en voyant approcher votre fin d'un jour.
tout ce qui se renouvelle en augmentant vos biens est venu remplacer d'autres que vous avez déjà consommés. vous n'aurez un parent de plus qu'en ayant un de moins. vous n'aurez quelque chose de nouveau que déjà le nouveau est devenu ancien. vous ne verrez croître une moisson que la voilà fauchée.
il en est passé des ancêtres dont nous sommes les rameaux. comment peut durer un rameau après la fin de son origine?
c'est une voie aux pourtours clairs, éblouissante de lumière.
par la foi, tu peux être dirigé vers les bonnes actions et réciproquement par les bonnes actions, tu seras dirigé vers la foi.
par la foi s'épanouissent les sciences, par les sciences on a conscience de la mort, par la mort arrive la fin de la vie ici-bas, par la vie d'ici-bas se mérite l'autre monde, par la résurrection se rapprochent le paradis et l'enfer préparé pour ceux qui se sont laissé distraire.
les gens n'ont aucun moyen d'éviter la résurrection. ils y vont avec précipitation pour atteindre le but suprême.
ils émergent de la quiétude des tombeaux pour se diriger vers le but final.
chaque lieu de séjour aura ses gens. ils ne peuvent l'échanger ni en être transférés.
ordonner ce qui est convenable, interdire ce qui est répréhensible sont deux caractéristiques de dieu. gloire à lui! s'y conformer n'abrège pas la vie et ne diminue pas la fortune.
attachez-vous au livre de dieu, car il est le lien solide et la lumière éclatante. i1 est également le remède bienfaisant,1a boisson désaltérante, la protection pour qui s'en inspire et le salut pour qui s'y attache.
il n'est jamais dépassé pour avoir besoin d'être mis à jour ou corrigé, il ne dévie point pour mériter des reproches; sa lecture répétée n'est pas ennuyeuse pour l'ouïe. qui le cite dit vrai et qui s'en inspire dans sa vie devance les autres au paradis.
nous louons dieu pour ce qui est, nous implorons son aide pour ce qui sera, nous lui demandons la sécurité dans notre religion comme nous la lui demandons pour nos corps.
adorateurs de dieu! je vous conseille le rejet de ce monde qui vous abandonnera, bien que vous n'aimiez pas l'abandonner, qui dégradera vos corps alors que vous désirez les rajeunir.
vous êtes comme des voyageurs qui se sont mis en route et qui imaginent qu'ils sont arrivés à destination. ils ont franchi une étape et ils croient avoir atteint le but!
quel est long le chemin que l'homme doit parcourir pour arriver au but, alors qu'il ne lui reste que peu de temps pour vivre, que la mort le guette et qu'il doit quitter à regret ce monde où il s'agite!
ne rivalisez donc pas de puissance et d'orgueil, ne soyez pas éblouis par les beautés et les richesses, soyez fermes devant l'épreuve et le malheur, car la puissance et l'orgueil ont une fin, la beauté et la richesse sont appelées à disparaître, l'adversité et le malheur n'ont qu'un temps; tout instant en ce monde est délimité et toute la vie est destinée à la mort.
n'avez-vous donc point, dans l'exemple des anciens, de quoi vous faire repousser ce monde et dans vos ancêtres, de quoi vous éclairer et vous donner à réfléchir, si vous étiez un tant soit peu sages?
vous n'avez pas remarqué que ceux qui vous ont précédés ne sont pas revenus et que ceux qui restent ne resteront pas toujours. vous ne voyez pas que les gens ici-bas se réveillent le matin dans une situation et se couchent le soir dans une autre.
voici un mort que l'on pleure, un affligé que l'on console, un blessé souffrant, un absent qui revient, un autre qui fait don de sa vie, un autre encore qui demande le bien de ce monde alors que c'est la mort qui le demande, un insouciant alors que dieu n'est pas insouciant pour lui, et sur la trace de ceux qui ont disparu marchent ceux qui restent encore.
alors! souvenez-vous de ce qui détruit les jouissances, qui contrarie les désirs, qui rompt les espoirs, lorsque vous aurez l'intention d'accomplir un acte détestable; demandez le secours de dieu pour remplir votre devoir envers lui et profitez de ses biens et de sa bienveillance que nul ne peut compter.
je vous mets en garde contre la vie ici - bas, elle est délicieuse et attirante, entourée de plaisirs, agréable par ses biens, reposante, enjolivée d'espoirs, ravissante. ses plaisirs ne durent pas et personne n'est à l'abri de ses coups durs.
elle est trompeuse et maléfique; changeante, elle ne fait que passer, elle a une fin et doit disparaître, elle est une ogresse boulimique.
elle n'est pas loin d'être, lorsqu'elle accorde à ceux qui la désirent, ce que dieu, gloire à lui, a dit: "telle une eau que nous avons fait descendre du ciel, qui a été au contact des plantes, qui après sont devenues sèches et que le vent disperse. dieu est puissant sur toute chose."
nul ne vécut dans le bonheur sans n'avoir ensuite répandu des pleurs. si la vie lui accorde un moment de plaisir, elle l'accable après de toutes sortes de malheurs. elle lui donne quelques instants de bien-être qu'elle fait suivre d'une avalanche de catastrophes! il est dans sa nature d'être un soutien le matin et de devenir un adversaire le soir! si l'un de ses aspects se montre délicieux et agréable, un autre apporte amertume et maladies.