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moïse et son frère haroun se présentèrent, habillés de laine et tenant des bâtons, devant pharaon. ils exigèrent de lui de se soumettre à dieu afin de garder son empire et sa puissance.
i1 répondit: "ne trouvez - vous pas drôle que ces deux hommes posent des conditions pour la continuité de mon empire et de ma puissance, alors que vous voyez dans quel état de pauvreté et d'humilité ils se trouvent? que seraient-ils s'ils avaient des bracelets en or?" i1 disait ceci par respect pour l'or et son accumulation et par mépris pour la laine et le fait de s'en habiller.
si dieu avait voulu, lorsqu'il envoya ses messagers, leur octroyer des tas d'or et de pépites, des jardins envoûtants, regorgeant de tous les oiseaux du ciel et de toutes les bêtes de la terre, il l'aurait fait. s'il l'avait fait, il n'y aurait plus de mise à l'épreuve et par conséquent plus de récompense, de plus les nouvelles annoncées auraient perdu leur effet.
a ce moment les hommes patients n'auraient plus le droit d'avoir la récompense réservée à ceux qui ont été mis à l'épreuve, les croyants n'auraient pas la récompense promise aux hommes vertueux et les mots n'auraient plus leur sens.
mais dieu, par sa grâce, a doté ses messagers d'une puissante volonté. il les a rendus en apparence faibles de moyens, mais avec un esprit d'abnégation qui remplit les cœurs et les yeux de richesses bien que leur misère pénible bouleverse les cœurs et les regards.
si les messagers de dieu étaient des hommes disposant d'une force inattaquable, d'une puissance incontestable, d'une richesse qui ferait plier et soumettre les gens et les attireraient de partout, il serait alors très simple pour les humains de tirer une leçon de tout cela.
ils auraient alors cru par crainte d'une force les domptant ou par espérance d'une richesse dont ils pourraient tirer profit; les intentions seraient concordantes et les bénéfices se trouveraient partagés.
mais dieu, gloire à lui, a voulu que le fait de suivre ses messagers,1a croyance en ses livres l'humilité devant sa face,1'obéissance à ses ordres la soumission à lui, ne soient destinés qu'à lui seul; qu'ils soient purs sans que rien ne vienne les altérer et plus la mise à l'épreuve et l'exemple sont durs, plus la récompense et le don seront grands.
ne voyez-vous donc pas que dieu, dans sa gloire, a mis à l'épreuve les premiers hommes depuis adam jusqu'aux derniers de ce monde par des pierres qui ne font ni mal ni bien, qui n'entendent point et qui ne voient pas?
il en a fait sa maison sacrée qu'il a édifiée. pour les hommes. il la plaça en un lieu difficile, pierreux, au plus bas, dans une terre dure, au fond d'une vallée étroite, entre des montagnes arides et des sables mouvants, près de sources avares d'eau, isolée des autres localités, là où ne peuvent s'épanouir ni caprins, ni bovins, ni camélins.
puis il ordonne à adam et sa descendance de diriger leurs regards vers elle. elle devient un lieu de repos bénéfique pour leurs déplacements, un but pour leurs rencontres: des lieux lointains et arides les hommes ont hâte d'y arriver; ils viennent de contrées lointaines comme des îles isolées au milieu des océans, afin d'en faire le tour et de clamer la gloire de dieu en mettant leurs épaules en mouvement.
ils trottent dans la poussière, les cheveux collés par le sable, par amour pour lui. ils ont laissé derrière eux les beaux habits, et le manque de soins qu'ils portent à leur cheveux n'est que pour prouver la qualité de leur renoncement.
quelle rude épreuve, quelle expérience, quel dur examen que dieu a faits pour être les causes de sa miséricorde et les voies vers son paradis.
si dieu, gloire à lui, avait voulu placer sa maison sacrée et ses insignes grandioses, entre des jardins et des rivières, sur des plaines ou des terres plates couvertes d'arbres aux fruits à portée de la main parmi des habitations innombrables où les cités sont proches l'une de l'autre, où les champs de céréales succèdent aux vergers verts ceinturés de forêts aux eaux abondantes, aux parcs attrayants, aux routes animées, alors la récompense serait moindre, elle serait selon le degré des peines.
si les fondations sur lesquelles elle repose et les pierres qui constituent son corps étaient d'émeraude verte, de hyacinthes rouges ou de clarté et de lumière, le doute serait moindre dans les âmes, le combat d'iblis sur les cœurs serait affaibli, la lutte intérieure n'aurait pas lieu.
mais dieu met ses adorateurs à l'épreuve par de nombreuses difficultés. i1 exige que son adoration se fasse par des efforts durs, il leur fait rencontrer des désagréments, afin de soutirer l'orgueil de leurs poitrines et y faire demeurer l'humilité, par cela il leur ouvre toutes grandes les portes de sa grâce et les fait profiter de son pardon.
allah! allah! combien es - tu preste à châtier le tyran, à accorder un terme au vil injuste et à donner une suite néfaste à l'orgueilleux.
l'injustice et l'orgueil sont les défauts qui servent à iblis de pièges immenses et de traquenards subtils avec lesquels il espère empoisonner les cœurs des humains aussi efficacement que les venins mortels. mais il rate son but et n'a point d'influence, ni sur le savant et sa science ni sur le pauvre en haillons.
contre cela dieu a protégé ses adorateurs croyants par les prières, la zakât et l'épreuve du jeûne dans les jours prescrits, afin de préserver leurs membres, de protéger leurs regards, de faire pénétrer l'humilité en leurs âmes, de diminuer leurs prétentions, et de les prémunir contre la suffisance.
les prières poussent à la modestie lorsqu'elles obligent le croyant à poser son visage sur le sable et à mettre ses membres les plus nobles par terre par humilité.
le jeûne lui aussi agit de même lorsque le jeûneur a l'estomac dans les talons.
a cela, il faut ajouter l'œuvre de la zakât dispensatrice des produits du sol et d'autres biens entre les miséreux et les pauvres.
remarquez ce qu'il y a, dans le respect des obligations divines, comme moyens de réprimer les manifestations de l'orgueil, de s'interdire les marques de l'arrogance.
j'ai observé et remarqué partout à travers le monde qu'aucun homme ne soutenait par sectarisme une idée quelconque que dans le but de duper les ignorants; ou pour une raison qui collerait avec l'esprit des imprudents autres que vous. vous vous passionnez pour une affaire dont vous n'avez ni les tenants ni les aboutissants. quant à iblis, il s'est rebellé contre dieu à cause d'adam auquel i1 reprochait son origine et sa formation. il dit alors à adam: "je suis dé feu, alors que tu es de glaise".
quant aux riches jouisseurs de parmi les nations, ils se sont attachés fortement aux sources qui leur confèrent les biens.
ils ont dit: "nous disposons de plus de biens et d'enfants et nous ne serons donc pas tourmentés".
s'il est absolument nécessaire qu'il y ait un esprit de parti, que cela soit pour les 0euvres nobles,1es actions vertueuses et les choses excellentes pour lesquelles se sont rivalisé les âmes nobles et les esprits chevaleresques des meilleures tribus et des chef de clans arabes par leurs mœurs exemplaires, par leurs esprits puissants, par leurs opinions sagaces et leurs exemples dignes d'éloges.
passionnez-vous pour les sentiments généreux tels: les rapports de bon voisinage,1e respect de la parole donnée,1'exercice du bien,1e dédain de l'orgueil,1a pratique de la bonté,1e rejet de la tyrannie. abhorrez le meurtre, accordez l'équité aux gens maîtrisez votre colère et ne semez pas la corruption sur la terre, tirez la leçon des malheurs qui ont frappé les nations qui vous ont précédés, à cause de leurs mauvais comportements et de leurs actions blâmables. méditez sur leur destin, que vous soyez dans la prospérité ou dans le malheur et prenez garde de ne pas leur ressembler.
or, si vous méditez sur les changements survenus dans leur histoire, ne retenez que les comportements qui ont contribué à leur grandeur, qui ont fait écarter d'elles leurs ennemis,1eur ont assuré la paix et la sécurité,1eur ont attiré la prospérité, et leur ont sauvegardé leur dignité par le fait que ces nations ont resserré leur union et ont évité la désunion; elles ont pratiqué et cultivé l'amitié et ont rejeté tout ce qui pouvait les dissocier et affaiblir leur puissance, comme la rancune,1'inimitié,1e fait de s'ignorer mutuellement et le relâchement des liens de solidarité.
méditez l'exemple des croyants qui vous ont précédés et leurs réactions face aux épreuves et aux malheurs. n'ont - ils pas été les plus accablés parmi les créatures,1es plus frappés de peines et les plus angoissés en ce monde? les pharaons en ont fait des esclaves,1eur ont infligé les pires des traitements et leur ont fait' boire la coupe d'amertume.
ils sont restés ainsi plongés dans le mépris et les peines réservés au vaincu, sans un moyen de s'en sortir ni une voie pour s'en défendre, jusqu'au jour où dieu considéra à quel point étaient leur abnégation face au malheur par amour pour lui et leur capacité de supporter les désagréments essuyés par crainte de lui.
alors dieu fit de leur peine leur propre salut; il changea leur situation d'avilis en situation de puissants, et remplaça la peur par la paix et la sécurité. ils devinrent des rois, des gouvernants et des sages éminents. dieu a été généreux envers eux bien au-delà de ce qu'ils espéraient.
voyez comment ils étaient lorsque leur élite était unie,1eurs sentiments concordants,1eurs cœurs équilibrés, et quand ils se donnaient mutuellement la main et que leurs sabres se soutenaient,1eurs regards étaient clairvoyants et leurs décisions communes; n'ont-ils pas été alors maîtres du monde et rois dominant les nations!
remarquez après ce qu'ils devinrent plus tard quand ils furent dans la discorde, que l'amitié disparut, que les paroles et les c0eurs se trouvaient en contradiction, qu'ils devinrent divers peuples et se séparèrent en clans ennemis. c'est alors que dieu leur ôta la parure de la dignité et les priva de sa générosité. il ne reste plus que leur histoire pour servir d'exemple à ceux qui veulent bien méditer.
tirez une leçon de l'histoire des enfants d'ismaïl des descendants d'isaac et des fils d'israël, sur eux tous le salut. c'est, là, pour nous, l'exemple parfait de notre situation et la ressemblance exacte avec notre état.
méditez sur leur sort lorsqu'ils se dispersèrent, se désunirent, au temps où les chosroès et les césars étaient leurs maîtres, lorsqu'ils les éloignaient des terres riches, des eaux de l'iraq et des régions verdoyantes, et les parquaient là où ne pousse que l'armoise et où soufflent continuellement les vents, les laissant dans la plus grande misère, dans le dénuement absolu, n'ayant que leurs chameaux.
ils furent alors les peuples les plus méprisés, n'ayant plus une noble cause qui les unit, ni ami qui pourrait les protéger par sa puissance. leur situation était précaire, leurs mains désunies, leur multitude dispersée; l'injustice était flagrante, l'ignorance généralisée.
celui-ci enterrait sa fille vivante, celui-là adorait le plus d'idoles; les liens familiaux étaient rompus et les batailles entre tribus constantes.
observez l'étendue de la grâce de dieu, lorsqu'il envoya aux hommes son messager mohammad et qu'il fit de sa religion la règle de conduite et qu'il les unit par sa doctrine.
voyez alors comment la grâce de dieu les a couverts de ses ailes généreuses, les a comblés de bonheur, les unissant dans la bénédiction de sa religion. ils nageaient dans le bien-être et étaient pleinement satisfaits de leur sort.
l'activité se développait à l'ombre d'un dirigeant respecté, la vie se déroulait sous la protection d'une puissance victorieuse et toutes les affaires devenaient simples par la présence au sommet d'un pouvoir stable et sûr. ils étaient devenus maîtres du monde et souverains de la terre.
ils disposaient des affaires de ceux qui, auparavant, étaient leurs seigneurs, et régnaient sur ceux qui autrefois, étaient leurs maîtres. nul ne pouvait tester leurs armes et nul ne pouvait se hasarder sous leurs murs.
i1 devient évident que vous avez lâché les liens de l'obéissance et que vous avez déchiré ce par quoi dieu vous protégeait pour reprendre les règles de la djahiliya.
dieu, gloire à lui, a offert à l'ensemble de cette nation, le cadeau le plus précieux, en créant entre eux cette amitié dans laquelle ils se meuvent et auprès de laquelle ils se réfugient.
personne au monde ne peut estimer la valeur de ce cadeau. il n'a pas de prix, et ne pas en tenir compte serait la pire des catastrophes.
sachez qu'après la hijra vous êtes redevenus bédouins, et après l'union dans la discipline vous êtes redevenus des partisans; vous n'êtes liés à l'islam que par le nom et vous n'avez de la foi que le mot.
vous dites: "l'enfer plutôt que l'opprobre". c'est comme si vous jetiez l'islam au feu pour détruire ses interdits et pour rompre le pacte (le prophète avait dans le pèlerinage de l'adieu obtenu le serment des musulmans que pas un ne ferait couler le sang d'un autre musulman) que dieu vous a accordé, comme refuge sur sa terre et sécurité entre ses créatures.
si vous cherchez refuge auprès d'autres que les musulmans vous serez combattus par les non croyants, alors plus de gabriel, plus de mikhaël, plus de mouhajiroun, plus d'ansars qui vous apporteront leurs secours; la lutte par les armes continuera jusqu'à ce que dieu tranche entre vous
vous disposez d'exemples de ce que peuvent être les coups de dieu, de la peur qu'il peut faire régner dans les cœurs, des jours du seigneur et des événements inoubliables qu'il produisit.
ne croyez pas cela lointain, par ignorance de ses interventions, de ses coups terribles, et par oubli de son omnipotence.
dieu n'a maudit les générations précédentes que parce qu'elles avaient cessé d'ordonner ce qui est convenable et d'interdire ce qui est répréhensible.
dieu a maudit les pervers pour leur désobéissance, et les indulgents pour ne s'y être pas opposés.
ainsi vous avez coupé vos attaches avec l'islam, négligé ses interdits et tué sa loi.
dieu m'a ordonné de combattre ceux qui outrepassent la loi, qui rompent les contrats et sèment la corruption sur la terre.
pour ce qui est des parjures je les ai déjà combattus; quant aux injustes j'ai mené le djihad contre eux; j'ai également abattu les dissidents et j'ai été débarrassé du diable de la vallée (il s'agit de l'un des chefs des khawarej) lorsqu'il fut victime d'un coup qui fit cesser les battements de son cœur et le ronronnement de sa poitrine. i1 ne reste plus qu'une partie des pervers.
si dieu le permet, je les frapperai, les disperserai à travers tout territoire.
dès mon enfance, j'étais en lutte contre les grands des arabes et j'ai brisé l'orgueil de rabi`a et moudhar (les deux branches de la nation arabe).
2 vous connaissez ma position auprès du messager de dieu, par la très proche parenté et par le rang exceptionnel.
i1 me prenait sur ses genoux et me serrait contre sa poitrine alors que j étais tout enfant il me couvrait avec sa couche, me laissait le toucher et sentir son odeur.
il mâchait pour moi certains aliments et me les mettait à la bouche; il ne m a jamais entendu mentir ou commettre une faute par précipitation.
dieu lui a accordé comme compagnon, dès qu'il fut sevré, le plus grand de ses anges, qui le guidait vers les voies nobles, vers les plus belles vertus, dans ses nuits comme dans ses jours.
je le suivais, comme le chamelet suit sa mère; il me dévoilait chaque jour une de ses qualités, m'en instruisait et me demandait de m'y tenir.
il se retirait tous les ans à hira et personne d'autre que moi ne le voyait.
il n'y avait alors qu'une seule maison musulmane qui abritait à la fois, le messager de dieu, khadidja (l'épouse du messager de dieu) et moi qui étais le troisième.
je voyais resplendir la lumière de la révélation et du message et je respirais l'arôme de l'inspiration divine. j'ai entendu le cri de satan lorsque le messager recevait la révélation. je lui dis alors: "qu'est - ce que ce cri, messager de dieu"? i1 me dit: "c'est là satan qui désespère de n'être plus adoré tu entends ce que j'entends, tu vois ce que je vois tu n'es pas un prophète, mais tu es néanmoins dans le bien".
toi qui m'écoutes, secoue ta léthargie, réveille-toi de ton inconscience, freine ta précipitation, aiguise ton esprit et tes facultés avec ce que tu as reçu par la parole du prophète qui ne vivait pas au milieu des gens du livre et qui ne savait pas écrire.
prends-en ce qui est indispensable et dont on ne peut se passer, fais l'inverse de ce que font ceux qui désobéissent et laisse-les à ce qu'ils aiment. laisse tomber ta fierté, réprime ton orgueil, rappelle-toi ta tombe, par elle passe ton chemin; tu recevras comme tu as donné, tu récolteras ce que tu as semé, ce que tu offres aujourd'hui tu le retrouveras demain, fais un bon chemin pour tes pas et fais des avances pour demain.
sois circonspect, toi qui écoutes, et sois zélé, toi qui oublies tes obligations, car tu ne peux être bien renseigné que par un connaisseur.
certaines obligations que dieu nous a imposées dans son sage message, par lesquelles on est récompensé ou châtié, qui attirent la satisfaction ou le courroux, ne seraient d aucun secours à un adorateur même s'il se consacrait avec sincérité à s'il venait quitter l'accomplissement de son acte, ce monde et rencontrait son créateur, avec l'une des fautes suivantes dont il ne se serait pas repenti: avoir associé un autre à dieu dans l'accomplissement de ses obligations religieuses, avoir, dans ses efforts pour satisfaire sa passion, tué une vie humaine ou diffamé une personne en lui imputant les méfaits d'une autre ou créé une innovation dans la religion en vue d'obtenir une faveur auprès des gens, avoir changé d'attitude et de langage selon les circonstances.
médite bien car les méfaits qui leur ressemblent sont aussi graves.